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S* Monfeigneur le Marggrave régnant de Brandenburg - Coulmbac; de l’Accademie Impériale des Naturalises, et de la Société Teutonique d’ Altorf. SE GRAVE ET SE VEND A NUREMBERG, CHE’S ADAM WOLFGANG WINTERS CHMIDT IMPRIME' CHE’S DE LAN O Y 1764. S TAB, XVIIt. &XIX. Cequ’ il y ade curieux dans l’Arum Enfin elles meurent comme toutes les Créatures, en fe fanant déifêchant & périmant au bout du Tems de leur Deftination, Pour ce qui eft de la Génération’, elle fe fait par Mâle & Femelle & par les deux Sexes , ou par les Hermaphrodites , Chaque Fleur a ordinairement un Calice , le Piftille , les Plumes , les Bourfes à P oujjlère , la PouJJière elle-même, les Verrues , le Germe , le Æe/èr- ï>oz'r au Fruit & le Semence. Le Chevallier Limnaeus nous reprefente le Calice , comme le Lit nuptial y les Füamens comme le Membre viril, & la Verrue comme le Fe- menin. Des Bourfes à Semence, il fait le Tefticule ; de la Potÿière, il fait la Semence virile ; du Germe , 1’ Ovaire; du Rejervoir au Fruit’, P Ovaire féconde', & du Grain de Semence , l’Oeuf. Les Fleurs ont donc leurs Parties génitales comme les Animaux; nous voïons par P Expérience, que la Fleur précédé le Fruit, comme la Génération précédé la Naiifance. Ainfi l’Imprégnation doit s’attri- buer à la Fleur & la Naiifance au Fruit. Les Fleuriftes n’ignorent pas non plus, qu’on peut châtrer les Fleurs, foit en leur ôtant les Bourfes à Pouilières, foit en découpant la Verrue, pour empêcher, qu’il n’y ait de cette Efpèce de Fleur dans le Voifinage. Car dans le prémier Cas, c’efi: la Semence ou la Fécondation, qui fe perd, dans le fécond c’efl le Fruit, Ne pourroit- on pas prendre de là JSujet de comparer les F leurs doubles aux Eunuques en ce qu’elles deviennent fi greffes & fi riches en Feuilles, par ce qu’ elles ne portent point de Semence ? Mais je paife par deifus cette Idée fugitive; & me contente de remarquer que la Pouflière n’ eft pas la même dans toutes les Fleurs. Car tantôt elle eft ronde; tantôt de la Figure d’un Oeuf; tantôt rabotteufe, tantôt en forme d’Egypte, ou le Pie de Veau* 47 forme de Roignon; tantôt comme un Grain de Froment, tantôt angulaire, & tantôt life. Ce que nous répréfenterons dans la fuite au Letfteur dans des Eftampes particulières-, me refervant outre cela, de donner ce qu’ il-y-ade plus remarquable dans la poufïière , qui féconde les Plantes, & les Elfais que Mr. l’Abbé Needham en a faits * Qui voudroit lire tout le Traité du Mariage des Plantes , tel qu’il fe trouve dans la Partie quatrième du Magafm univerfel depuis Page 17 a. jusques à 23 6, tireroit certainement une Satisfaction entière de là Lecture, Je viens enfin à l’explication des Eftampes XV11I. & XIX. dans la première desquelles Poi. a) la Fleur eft deftinée en moindre Volume fur la Plante, pour en réprcfenter la Feuille & la Couleur. b) eft la Fleur de Grandeur naturelle, laquelle n’ eft véritable- ment jamais fi ouverte fur la Plante , qu’on en puiffe voir le Spadix fi à découvert qu’ ici; mais afin que toutes les Parties donnent mieux à la Vue du LeCteur, je l’ai depeinte telle qu’elle parodiait après que je l’eus un peu ouverte. Tournefort, in lnftitution. Rei herbar. Tom ClafT. 3. feét. 1. Gen. f. apelle cette Fleur, Arum Aegyptiacum, en François, Pié de l'eau ; d’autres la nomment Oreille de Lièvre y à caufe de la Figure. Quoique Tournefort compte celle- ci parmi les 3f. Efpèces d' Arum ; il- y en a nean moins parmi les Botaniftes les plus modernes, qui l’en ont entièrement exclue à caufe de fes Qualités toutes differentes, qui en ont fait une Efpëce toute particulière & lui ont même donné d’ autres Noms. Lim- naeus la nommant Cala; Mr Trevv, Anguina ; Mr. Petit Provinzalia. Sur quoi l’on peut voir: Générât. Plwtarum du même Chevalier Limnaeus Num. $17. avec lequel s’accorde prèsque en tout Mr, Lu * Nouvelles Découvertes &c, par T. Needham Chap, VII, fur la Pouflièrc, qui féconde les Plante*, TAB. XVÎÏÎ.&XIX. Ce qn’ il y a de carieux dans l’Arum Ludevvig célébré Profelfeur de Leipfig dans Pss Definitionibus Gene- Yum Plantarum ClafT. XV, pag. 24 i. De là vient auiîi , qu’ on n’ eft pas d’ Accord fur la Nomination des Parties de cette Cala ; Tournefort appellant PiftiUe ce que c) répréfente grofïi , & que le Chevallier Limnaeus & Mr. Ludevvig nomment Spadix, cette dernière Nomination eft auffi plus conforme aux Réglés de la Botanique; le Terme de Piftilîe defignant dans les Fleurs ordinaires tout un autre Caraétère, que ne répréfente cette Partie * Car ce Spadix c) n’ a point de Filamens; mais il eft compofé de deux vaiffeaux, fçavoir des Etamines d) & des Pifiilles Ovaires, e) On va le voir anatomifé : TABLE XIX. f) répréfente le haut du Spadix dans fon Profil onfontal. F) montre un Cerceau ou un Morceau de ce Spadix coupé en fond & fort grofli, pour faire voir., comment les Etamines font plantées comme en Cercle autour delà Moelle du Spadix . Dans u. L & tt. on peut les voir perpendiculairement, fuivies dans y des Ovaires avec leurs Pifiilles à la File. Les Etamines font doubles ou fimpîes, comme on le peut voir g) & h) de GrofTeur naturelle (quoiqu’un peu au delà) i) kj& 1) grodies; & m) n) au plus haut Point de GroftiiTement. Après m’être bien donné de la Peine pour découvir les Ouvertures par où Portaient les Globules de Poujfiêre , j’eus le bonheur de voir aux deux Bouts de la Tête ou de 1’ Oreiller des Etamines les Fentes & les Fêlures , que j’ ai du depuis fouvent obfervées & toujours trouvé juftes. J’en * Par le Pjflille., j’ entends cette Partie, qui eft au Milieu de ia Fleur, comme dans la Tulipe & P Oeillet; au haut du quel eft le Stigma ou la Verrue’, au Milieu le Tw.au par lequel la Pouffièrede la Fleur ou fon*Sttc entre dans l’Ovaire, Sf au bas l’Ovaire -même. d’Egypte 3 ^u le Pié de Veau. 49 J’en ai marqué à n) Y Endroit par des .dfteriques , & dans 1) m) n) 8t q) en les verra plus clairement. Aufïi certain qu’ il efl, que la Pouflière fort par les Fentes indiquées; âufii inconteflable efl -il, que les Etami- nes font toutes poreufes , St que la Pouffière jaillit par ces Pores comme des Perles d’ Argent ., tant hors de la Tète ou de l’ Oreiller , que des Racmes blanches, qui reffemblent à des Racines de Dens , Voi . o) St p) Rien de plus beau qu’ une feule de ces Etamines fous le Microscope. Elle efl transparente comme du Criftal , St fur fon Sommet, qui reffemble à un Oreiller de fin Or, l’on voit ces Perles de Pouflière, q) de même que vers o) & p). L’on peut les appeiler Etamines fans Filamens, 8c quoique Mr. Limnaeus dife, que le Spadix en ait quelques uns, je n’en jamais pu ici trouver ni apercevoir; à moins que Mr. le Chevalier eût voulu prendre les Racines des Etamines pour des Filamens Pour ce qui regarde la Pouflière, dont j’ai defliné le moindre Grof- fiffement q) St le plus Grand r) tout le Spadix en efl fouvent couvert, j’ai montré s) ce qu’ elle refîemble, quand elle efl humettée avec de l’Eau; car elle crève St rend une Matière huileufe, faifant 1’ Effet d’une Grenade qu’on aurort allumée Cette Pouflière tombe fur les Ovaires eu Germes St Piflilles qui font au deffous des Etamines, voL Tab. XVIII. e) St Tab. XIX, v) Pour F Ovaire , il confifle en deux Parties; le Piftille ou Titiaii , qui efl muni d’ un petit Bouton ou Verrue rouge- brune St revêtue d’une Li- queur gluante, à la quelle s’ attache la Pouffière Scpaffe enfuite, parla Verrue 8t le Tuïau, dans l’Ovaire & le féconde; comme j’ai montré dans y) &0)deux Ovaires fécondés, d’après differens points de Groffiffement. t) 8t tt) marquent la Moelle du Piflille au Tour de la quelle font les Ovaires St les Etamines, ainfi que nous avons déjà dit. « yv) marque un Ovaire entièr grofli St x) un de Grandeur naturelle. Dans y) s’en préfente un autre ouvert perpendiculairement St fécondé; G mais TABLE XX. De la Puce. fo mais z) en montre le Dedans & zz) le Dehors coupé orifontalement & grofïi, avec fa Verrue gluante, cei qui reffemble à une Mamelle de Femme, Ce qui eft marqué 0 eft un Ovaire fécondé & ouvert perpendi- culairement, avec fon Piftille , fon Tîiïau , fon Utérus & fes Embrions au plus haut du Grolîiffement , &t ]) & çf préfentent Premièrement les Fruits encore renfermés, puis coupés par le Milieu; les quels je n’ai pas vûs moi même; mais que j’ai feulement deffinés, d’après la Pein- ture, que Mr, le Confeiller Trevv a eu la bonté me communiquer. Le fingulier t qu’ il-y-a dans cette Fleur exotique , c’ eft qu’ elle différé de toutes les autres efpèces d’Arum; aïant un autre Spadix d’autres Anthères & Piftillesy point de Fïlamem , comme P. E* P Arum Italicum maxi- mum venis albis borti Regii Paris; qui a en haut des Fiiamens , puis des Eta- mines, enfuite encore des Filamens , & enfin les Ovaires au fond. Afinque chaque Fleurifte & Amateur des Curiofités naturelles, puiffe faire lui même de pareilles Obfervations, nous allons faire au prémier Jour les mêmes Recherches fur d’autres Fleurs aufii com- munes, que connues, & les donner en Eftampes. T A B L E X X. De la Puce, Leuvvetfhoeck , Redi, Hoock, Bonani, Kircher, FnTch, Roefel & d’autres Naturalises nous aïant déjà donné des Defcriptions étendues touchant fa Puce'-, il feroit fuperflus de nous étendre beau- coup ici fur les Propriétés de cet Infette* Je dirai en peu de Mots, que la Puce vient d’un Oeuf. Elle en fort fans pieds, de la Figure drune ligne longue & menue. Cette Tigne devient une Chryfahdet hors de la TABLE XX. De la Puce. y* laquelle faute enfin la Puce. L’ on en peut voir ^avairtage dans l*Opu- fcui : de Redi P. i. Tab. i — 17. & dans Y Amufement fur les lnfeiïes de Mr. Roefel 2, Tab. U. //A £S> /J'. pag. 5» — 24. * H eft donc jufte de mettre parmi les Contes de Vieilles ce que quelques Gens & même des Savans avancent, que les Puces & d’autres femblables Infeéïes font engendre's de la Pourriture , particulièrement de F Urine , de Sciure de Bois & de la Pouffière, 11 feroit peut-être im- portant dans la Vie commune, & même dans le Négoce, que cette Fable fût entièrement abolie. Car P. E. tel Marchand garantiroit plus long-tems fes Poiffons Secs contre la Vermine , s’il vouloit croire, que toute Chofe bien couverte & fou vent ne'toie'e de la Pouffière, ne peut pas fitôt être attaque'e des Vers & de la Pourriture qui s’ en fuit. Telle Cuifinière fermeroit mieux fon Garde-manger, & couvriroit mieux bien des Chofes , qù’ elle laiffe à la Merci des Mouches & d’autres Infeéfes, qui y engendrent des Vers. Tout de même la Viande qu’on fume à la G 2 jChe- * Deux Ans apres avoir écrit ceci, j’eus le bonheur de voir de mes propres Yeux foute la Génération de la Puce. Je m’en varia cetnmunicjuer fidèlement à mas Lefteurs, afinqu’ ils paillent fc donner le même Plailir. On prend une Puce femelle , aiant des Oeufs; on la met entre deux petits Verres en forme de Plat; de forte pourtant qu’ elle ait un peu d’ Air , & on l’y laide 24. Heures. Pendant cet intervalle, elle pond fes Oeufs; qu’il faut y laifier encore 1 j. Jours 8t re- garder journellement avec le Microscope manuel. Des qu’ on remarque quel- que Mouvement dans les Oeufs dans lesquels l’on voit, de jour à l'autre, les Mites (e developer 8c fe former plus diftin&ement ; on met ces verres devant le Microscope folaire; toute fois de façon, que le Point imitant ne donne point fur les Oeufs. Auffi tôt queles Tignes dans la Coque fentent la Chaleur jduSoleiJ, elles éclofent 8 c fe montrent dans leur Forme de Tigne , fautantcpmme celles du Fromage. Mais il ne faut pas les laiffer trop long-tems renfermées, autrement elles meurent. Il faut plutôt les mettre dans un petit Verre à confcrve & les y nourrir de Sang ou de Mouches , jus qu’ à ce qu’elles fc changent en Chnjfal des 8c enfin en Puces. TABLE XX. De la Puce; fZ. Cheminée ne fourmiljeroit jamais , fi 1’ on avoit plus de foin de la nettoïer de cette. Infinité d’Oeufs, qu’y pondent les Mouches & les Confins. Mais pour revenir aux Puces ; il me femble qu’on leur fait tort de les traiter d’ Ennemies jurées du Beau Sexe. Car lors qu’une Puce affamée pique, ce n’efl jamais par Malice , qu’elle le fait ; elle cher- che feulement à vivre, du Sang délicat des Belles; & pour conferver fa Vie elle fuit i’Inflinél, qui lui a été donné. Et y-a-t il quelque Pro- portion entre cette légère Oifence & le Châtiment & la Vengeance, à la quelle ce pauvre Animal eft condamné, quand il a le Malheur de tomber entre les Doigts d’une Dame offer.cée ? Peut-il-y.-avoir de plus cruel Tourment, que celui qui attend ce pauvre Prifonnier? 11 n’y-apas Canibale, qui fafie rôtir et qui prépare avec tant de Goût la Ghair d’ un Européan, pour la manger en triomphe ; que biendesBel- les font le Corps d’une Puce prifonière. Je connois une Femme, qui les jette au Feu. Elle aime le mieux faire cotte Execution, quand elle a fon Coquemar à Thée fur le Réchaud ; elle jette fa Proie dans, la Braife & voila fa Vengeance affouvieo La Puce fert d’ Almanac à une autre de mes Amies. Car quand elle veut favoir le Tems qu’ il fera le Lendemain; elle prend fon Filet & va à la Chaife des Puces & lors qu’ elle a pris un Couple de ces Beftioles dans fon Bout de Pelice ; elle s’aproche delà Lumière, pleine d’Efperance; elle en met l’une après l’autre dans la Flamme, & écoute avec autant d’ Attention , que fi elle étoit àl’Eglife. Si la Puce Ce crève en éclatant, la Joie lui épanouît tout le Vifage. Elle appelle des l’inftant fa Ser- vante & lui dit : Catin , Demain il 'fera beau. J irai dans un td Jardin,. & tu fais bien ce, que tu as h obferver à P Egard de Mr. le Lieutenant. Que fi elle n’éclate pas, la triftefie lui change tous les Traits du Vifage, bien aifû- TABLE XX. Dé la Puce; JJ afïurée , qu’ il pleuvra. Ainfi ne feroit-ce pas plutôt le Beau Sexe, qui menteroitie Nom d’ Ennemi mortel des Puces ? Après avoir demandé Pardon de cette Digreffion badine, je paflfe à l’Explication delà xx Eftampe, qui répréfente a) la Tête de la Puce avec des Veux fort clairs, audelTus b) les deux Cornes pour tater les Objets,, dont chacune a 4 Jointures, aux defious desquelles c) la Bouche ou le Bec de la Puce femblable à celui d’ un Moineau y dans le quel fe trouve d) Y Aiguillon infiniment plus pointu, que l’Epingle lapins fine. Ces deux Parties ne peuvent fe voir qu’ avec bien delà Peine au travers du Microscope ; parceque ee) les deux Pies de devant touchent presque les deux Joues, les- quels d’ailleurs la Puce remue continuellement & fort vite, de forte qu’elle en cache le Bec. Voilla aufïï pourquoi entre tant qui l’ont obfervée, chacun l’a' defiinée autrement. J’en ai choifi les meillurs Dedans pour les faire^ graver fur cette Eflampe, Fig. 1, reprefente la Tête de la Puce d’après Hoocke*, Fig. z. d’après^Roefiel;' Fig. 3. d’après Bonani & Fig. 4. d’après Griendel d'Ach. Pour moi j’avoue , que pourtant déFois que j’ ai obferve' cet In- feéle, je n’ ai jamais vû les deux Gaines de Y Aiguillon. Et l'Entrepreneur & moi après avoir encore 1’ autre Jour examiné très foignëufement quelques unes de ces petites Créatures en Vie, pour- pouvoir fuivre la plus exaefe Vérité dans le Delfein de cette Eftampe; nous n’avons lîun & l’autre pu voir Y Aiguillon, que comme il fe montre ici. d) Car 6- 33 la* TABLE XX. De la Puce. f4 la Puce , fur-tout quand elle alloit mourir, P avoit continuellement hors du Bec, le remuoit ça & là, comme fi elle eût fondé. f) font les autres Piés de la Puce avec les quels elle faute bien fo. fois plus loin qu’ elle n’^ft longue, Ils ont à leurs jointures des Poils durs & pointus comme des Epines &au Bout de leurs Piés des Serres crochues comme les Hanetons, qui caufent la Démangeai- fon fur la Peau & annoncent l’Arrivée de la puce, avant qu’elle pique, D’ ailleurs tdut le Corps paroît revêtu d’ une Cote de Maille d’ Ecailles larges. Déplus g) font des Oeuf de Puce de Grofleur naturelle } dont un h) eft deffiné fort grofli par le Microscope folaire, i) font des Vers, chenilles ou Tignes de Puce & k) une telle Tigne bien groflie. l) répréfente une Cbrjfalide femelle de Puce & m) une mâle , dont la femelle a deux Verrues & la mâle n’ en a qu’ une à l’Extrémité de la Partie de derrière. n) eft enfin une Puce mâle de grandeur naturelle} aïant un Cul re- courbé en haut, & qui eft plus petite que la Femelle répréfentée o) qui eft plus grolfe & plus grande & dont tout le Corps & en Fi- gure d’ Oeuf * TAB- * J’ ai reprefenté ici une Puce femelle , comme elle fe voïoit par fa Surface fupe- rieure. Cet Infeûe fe préfente tout autrement, quand on le tient vis à vis de la Lumière, foit avec les Oeufs dans le Ventre & le Mouvement de l’Eftomac; foit fans Oeufs & avec fes Veines & fes Intef ms. La Puce, étant fur le point de mourir, devierit toute transparente , & alors , furtout la mâle e(V la plus belle avoir. Mais il eft impoffible au Burin & au Craïo'n , d’ exprimer tous ces Vaifleaux vifibles, «nais la plupart infiniment menus; il faut plutôt les voir & les admirer, que d’entreprendre de les deïïîner. TABLE XXI. D’un Pou de Tête. TABLE XXL D’ un Pou de Tête. ïî oici encore une petite Créature, qui a été tant décrite par défi ▼ célébrés Naturalises, que je n'ai qu’à renvoïer mes Leéleurs aux Ouvrages de Hoock , de Bonani , de Redi , de Kircher , de Frifcb , & fur-tout à la Bible de la Mature de Schv vammerdam , où cet Infeéfc & ana- tomifé de la Manière la plus exaéle & la plus artificielle. Je me tourne donc, fans autre Préambule, vers l’Explication de cette Eftampe, qui répréfente a) la Tète du Pou avec fes deux Veux', b) puis les deux Cornes à tâter les Objets , c) dont chacune a cinq Jointures & 1’ aiguillon , d) lequel eft très petit & qu’on voit fort rarement; enfuite e) les fix Pié> , dont chacun eft armé à fon Extrémité de erres comme celles des Ecrivilfes, f &g). Tout le Corps du Pou eft velu. Au Milieu on en voit diftin&e- ment, l’Eftomac, h) qui eft fort gros, & dont on peut parfaitement appercevoir le Mouvement çontradif, qui le rend tantôt long, tantôt court , tantôt large , tantôt étroit. Sur-tout quand il eft encore plein de nourriture, car alors il eft rouge- brun mais lors qu’il eft vuide, il eft d’un blanc- jaunâtre Comme le Refte du Corps. De petis Tuïaux clairs &transparens parcourent tout le Corps du Pou Schvvammerdam les appelle les Tuïaux du Poumon ; & j’en ai fidèlement deftiné ici k) la Figure & la Conftitution telle, qu’il les dépeint dans fa Bible de la Ma- ture. Ces Tuïaux du Poumon font une grande Partie du Corps de ce pe- tit Animal; ils tiennent la Tête, les Cornes à tâter les Objets, les Piés & tout le Corps. Suivant les obfervation de Schvvammerdam, c’ eft un Compofé d "Annaux & de Membranes, comme le Conduit de la Refpiration de l’Homme» Pour 'fS TABLE XXÏI. DelaPouffie'redel’Hyacinthebleuë. Pour Ton Sexe, il efl très difficile à reconnoître ; Ils terminent tous îa partie de derrière de leurs Corps par une Overture fourchue , comme il efl marqué i) & Svvammerdam nous dit avec Sincérité, que dans Quarante Pous , qué il a en tout dijfequés; il a trouvé un feul Ovaire ; c’ efl ce gui lui fait regarder le Pou comme Hermaphrodite , ainfî que V Efc argot* Dans fon Ovaire il a compté communément 54» Oeufs, 10. gros & 44. petits. Et 1) répréfente un tel Oeuf fécondé & m) la Coque vuide, dont le Bord de la Partie de devant efl feparé , de forte qu’ il reffembie à une Cruche vuide dont le Couvercle efl ouvert. n) Enfin répréfente le Pou dans fa Groffeur naturelle. Il n’ efl fujet à acune Metamorphofe comme la Puce ; mais il fort de l’Oeuf dans fa Figure ordinaire, croître parvient très promtement à fa Groffeur la plus complette, La Pelade cet Animal refTemblc à du Parchemin &: efl garnie d' An- naux, de Lignes &de Points, comme la Peau du Doigt d’un Homme, & avec tout le Mal qu’on peut dire du Poa, l’ on ne fauroit éfacer les bonnes Qualités de cette Créature. Car il efl auffi fidèle à fon Maître que le meilleur Chien & le Cheval le plus vigoureux qu’il-y-ait, &ne l’abandonne qu’à la Mort* TABLE XXII. De la Poufïïère de Y Hyacinthe bleue. Je m’acquite de là Parole, que j’ai donnée il-y-a quelque tems, en répétant fur V Hyacinthe bleue. Fleur très commune, ce que j’ai re- marqué fur la Génération des Plantes dans la Defcription de Y Arum. Pour cet Effet a) préfente cette Fleur dans fa Grandeur naturelle, avec un Refervoir à Fruit 9) dont les Feuilles ou le Calice efl tombé, & qui contient les Grains de Semence, J’ai deffiné b) une de ces Fleurs TABLE XXII, De la Pouffière de T Hyacinthe bleue. 57 groffie & ouverte, tant pour faire voir la Place ou fe tiennent les Eta- mines, c) d) que pour montrer l’ Endroit du Refervoir à Fruit 9) avec ion Piftilie f ) ■& la Verrue ou Stigma e) Je me fuis donné toutes les Peines poffibles, pour trouver fur cet- te t'enue quelque Ouverture, par où les Grains de la PouJJière 1) y puif- fent entrer; mais avec toutes mes Recherches, je n’ai pû découvrir aucune pareille Fente , Felure ou Ouverture. Je n’ ai vu deflùs qu’ une Humidité visqueufe, qui étoit gluante & reffembloit à du Miel fraix. Les trois Quarts de cette Couronne ou Verrue en étoient revêtus, & j’ ai remarqué que cette Subfiance graffe étoit la comme des Perles brunes & que la Poujfière de la Fleur s’y attachoit beaucoup. C’eftcequim’ a fait croire que ce n’ eft pas toûjour* la Poujfière qui féconde, furtout dans les Fleurs dont la Verrue n’a point d’ Ouver- tures mais que c’ eft bien fouvent la^Subftance huileufe , qui eft renfermée dans fes Grains. Quoique le célébré Naturalise Mr. Turbervvil Need- ham , dans les EfJ'ais qu’ il a faits fur les Fleurs, * croie que cette Pouf- fière pénètre effectivement dans le Piftilie, & qu’elle y verfe enfuite la Subfiance fécondante , qu’elle renferme» Car en fuppofant que cette partie du Piftilie , c’eftà dire, la Verrue , eft toujours revêtue d’une Matière humide & gluante, ce qu’il eflaifé de reconnoître par le Microscope , & en y ajoutant la Propriété qu’a cette Pouffière de créver, ».$laCompa- gnie des Fourmis. m n & o) répréfentent les Parties que j’ai fouvent apperçues à l’Ou- verture du Derrière de ces Créatures, fur tout des Pucerons ailés. Le Membre répréfenté o) efl tantôt rétiré par ITnfeéle au dedans du Corps, tantôt tiré entièrement de hors, & beaucoup agité; St l’Ouverture efl pareillement tantôt toute fermée & tantôt bien ©uverte ; de forte qu’ on peut voir diflinéïement les Parties inter- stes. m) n) avec les Verrues qui y tiennent.. TAB~ y», TABLE XXVII. Un petit .Morceau de Liège. Mon Deiîein n’ eft pas de donner ici une Defcription du Liège, qui eft ailés connu fous les divers Noms, que lui donne ie Latin, P. E. Suber , Latifolium perpetuo virens , Pbello , jive Suber Hifpanica. Je remar- querai fe ulement en p allant, qu’ il croît en Efpagne, en Italie & en France; que le Tronc en eft aufii gros, que celui des plus gros Chênes , & qu’il porte même de petits G lands pour Fruit. Le Tronc a P Ecorce fi épailTe, que Mathiolus allure en avoir vu d’une Aune cT Epaijjèur. Les Habitans du Païs lèvent cette Ecorce dans un certain Tems, & nous T envoient par gros Morceaux. L’on en fait Ufage pour féméier les Pantoufles, & pour boucher les Bouteilles. L’on s’en fert peu dans la Medicine. On croit pourtant , qu’il entre dans les remèdes pour étancher le Sang & qu'il eft bon pour la Diffenterie. L’on peut dire de cette F.corce: Nec mergor nec Jino mergi. Car le Liège fumage toujours. Et cela lui vient de fa Qualité intrinfèque, fuivant la quelle il eft tout compofé de Particules, qui reffemblent à de petites Fe ]ie s , qui ont du Rapport avec la. Moelle, qu’ on trouve dans les Tuïaux de Plume &• avec celle du Surau. Ainfi qu’ on peut le voir dans le Morceau de Liège groili b), dont la grandeur naturelle eft marquée, a) TABLE XXVIII. De la Cochenille. Peut-être que toutes les Dames qui ont coutume d’empîoïer la Co- chenille , pour tracer leur deffeins fur \e Cambrai, la A oujjeline , & fur d’ autres Toiles deftinées à faire des Mouchoir de Cou , des Manchettes, des RefpeUueufes , des Mantelets &d’ aufres parures des Belles, ne favent pas généralement de quoi eft faite & préparée cette agréable Couleur de même que le Carmin . I £ i Je 70 TABLE XXVIÎÎ. De la Cochenille. je m’en vai en donner à ceux qui ne connoifient pas affés particu- lièrement cette Créature, une EsquiiTe courte , mais cependant fuffi- fante, 8c leur montrer, que la Cochenille eft aulîi un Infe&e, qui ne perd fa véritable Figure , ne fe retire 8c ne devient difforme , que parce qu’ on le fait sécher. Et puisque Mr. le Confeiller Trevv a eu la bonté de me communi- quer le Livre aulîi beau que rare intitulé: a Voyage to the slands Madera , Barbados , Nieves St. Chriftopbers and Jamaica , IVit the natural hiftory P $c. by Sir Hans Sloane . Bar. in îvvo Folumes, London 1 7 2. 5:. dans la IX, Eftampe du quel font gravés fur une grande Feuille de Papier Ro’ial les Plantages, ©ü ces Cochenilles font elévées; je ne crois pas désobliger mes Le- éleurs, en mettant cette grande Eftampe en Petit & en l’inférant dans ces Amufimens tant pour F Efprit> que pour les Veux. Cet Infeéte a été tiré 8c fidèlement delliné d’ après la '37. Pièce de Taille douce de ce Livre, telle que le chevalier Sloane 1’ a vue & tirée lui même dans le Mexique 8c la préfente XXV11L Eftampe s’y trouve dans f. ff. g h. i. J’ai répréfenté a) dans fa Couleur naturelle une Cochenille, telle qu’on s’en fert chés nous pour la teinture , 8c grofiie b) Mais lors qu’ on la met dans du Vinaigre 8c qu’au bout d’ une Fleure on l’examine, l’on y reconnoît aifement, la Figure d’un Haneton ; 8c c) en reprefente une de Grolfeur ordinaire ainfi détrempée 8c couchée fur le Dos; mais d) la répréfente grofiie, avec fes 6. petites Jambes courtes repliées fur la Poitrine ; tandis qu’ ey fait voir le Dos de cet Infeéte avec fes dix Annaux ou Fentes Quelque petit que paroifle ce petit Animal , il ne laide pas de faire un Article confiderable dans le "Négoce; puisqu’on en apporte du Mexique en Europe, pour plus de quinze Millons de Livres de France par An. Cir- TABLE XXVIII. De la Cochenille. 7r Circonflance, qui, comme dit Mr. de Reaumur, devroit donner de l’Attention & de l’Emulation à tous les Princes d’Allemagne, étant certain, ainfi qu’ on le fera voir dans la Suite, que nous avons de ces Infeéfes en Europe, furtout en Allemagne, en France & en Italie, qui ne demanderoient , que des Gens entendus pour les élever & pour les foigner. Tous les Savans favent de refie, qu’outre le Chevalier Sloane, le Comte Marfilli, a) le D, Breyn, b) NifTole, c) Garidelle, d) le D. Godefroy le jeune, e) le D. Emerich, f) 1’ immortel Reaumur, g) & autres h) i) ont écrit touchant les Infeïïes qui font de laClalTedes Injectes de Galle, & qu’ils nous ont donné de très beaux Traités duCoccum Polo - nicum, du Kermes,- de. la Cochenille & delà Gomme-lacque, Et qui croiroit la Gomme-lacque in Bacculis ne confiflât, qu’ çn Nieds remplis d ' Hanetons, qui teignent en rouge. Je a) Obfervationi Naturali intorno al Mare & ella Granadette Kermes Venetia. 171 b) Joh. Phil, Breynii M. D. Hifloria Nat. Cocci Radicum Tinûorii quod Poionic :m vulgo audit. Gcdani 1731* c) D. NifTolii Diflerr. Botan. de Origine & Natura kermes. d) D. D. Garidelli Hifl. Nat. kermes. c; D. D Godofredi jun. Obfervationes de Gummi Laccae aliisque Materiis; profa- piae animalis, quae dn&uram purpuream fuppeditant. f) D. Emerici Obfervat. circa infeftorum Grana kermes &c. g) Mémoires pour fervir à l'Hifloire des Infeâes. Tom, 4. pag, 81. Memb, 3. à Paris 1738* h i) Ephemeridutn Vol. 111, Commereii litterarii Annus 1733. Hebdom, II. Chr, Joh. Langius Oper. p î. Difp. 34. Frifch Befchreibung der Infe&en p V. n. 2. Pomet hifloire generale des Drogues L. p, 33. Geofroi Mat. med. T. 2. p, m. 782. Merianin in Defcript. Infed. Surinam. Melch. van Ruufcher in natuerlike Hifloire van de Couchenille bevvezzen met authentiquen documenten. Amfterdam 1726. Mylius in Phyfical Eelufligungen. part. 1. pag. 43. part. 2. p 36. & fuiv. D. D. Henr. Fried. Delius , Prof. & Conf. Aul. in DilTett. de Dignitate Pur^- purae e Coccinella in medendo. Erlangae, 1753, TABLE XXVÏII. De la Cochenille, 73 Je montrerai tout cela dans d’autres Eftampes, & pour le Coup je ne ferai que toucher ce qu’il y a déplus remarquable dans la Cochenille* Le célébré Valisnerius a bien Raifon de dire dans fa Préface de l’Hifloire du germes : La venta pare per un certo deftino voler femper fafcï- arfi veâere apoco , quafi anch1 eJJ'a fuiluppandofi da tanti veli , che la tengano con gelofa ricoperta. Il eft difficille d’ ôter à la Nature le Voile dont elle fe couvre* Et quand nous en découvrons quelque chofe, ce n’ eft certainement, que rarement & avec bien de la Lenteur. Nous devons encore être bien aifes, quand nous pouvons trouver fes Traces comme fur le Sable & les obferver. De là vient que pendant tant de Siècles nous avons ré- pété d’après nos Pères tant d’ Erreurs & de Fables, que nous n’avons découvertes & reconnues pour ce qu’elles font, que depuis V Inven- tion du Microscope, c’ell à dire, pour des Erreurs , des Songes h. des fauffetés. Tel a été entre autres le Sort delà Cochenille; lequel Infeéte a été long-tems tenu, même par Marfilli & Leeuvvenhoec, pour la Graine d’une Plante dite Uvae llrfu Une difpute qui s’èléva entre deux Hollandois , très heûreufement pour les Amateurs des Réckercbes naturelles , occallonna l’entière Dé- couverte de cette Droque, qui fait une Branche fi confidérable du Négoce, laquelle êtoit dans le if. Siècle entièrement inconnue en Europe, & qui n’y fut apportée du nouveau Monde par Colomb, que vers le com- mencement du feizième. Ce fut en *72$. que Mr. Melchior de Ruyfcher foutint contre un de fes Amis , que la Cochenille êtoit un Ve? du Régné des Animaux. Mais celui-ci n’en tombant pas d’accord avec Mr. de Ruyfcher, & foutenant toujours, que c’ etoit le Fruit de quelque Plante & qu’ ainfi il apparte- noit / TABLE XXVIII. De la Cochenille. 75 noit au Pegnedes Plantes j ils firent une groiïe Gageure & prirent de Con- cert des Arbitres, qui auroient à décider à qui auroit railon & gagné la Gageure, Comme juflement fur ces Entrefaites, il y avoit un jeune Efpa- gnol, appelle Don Martin de RaynojJ'a, qui étoit fur le Point de faire voile, pour aller joindre fon Père dans le Mexique ; les Arbitres le chargèrent, de faire faire fur cette Circonflance des Recherches judiciaires , & de fe faire donner des Témoignages dignes de Foi de la Qualité de la Co- chenille. II fe chargea de cette Comraiffion avec Plaifir & étant arrivé hûreufement au Lieu de fa Deftination , il remit toute la Que- ftion a Mr. fon Pere don Pedro Chriftoffel de RainoJJà y Mendoza à Antiquerre, où refidoit le Vice-Roi d’Efpagne Celui-ci nt préfenter le 12, Octobre 1725. un Mémoire au Vice- Roi par le Procureur roïal don Jofeph Monter oy Priego , dans lequel il demandoit un Aéle judiciaire confirmé par Témoins, fur le véritable Etat de la Cochenille L’ Agrément de Mr. le Vice-Roi ne tarda pas à s’ en fuivre. Huit Perfonnes notables, pour la plupart, furent ouïes par Serment, & leur Dépofition fur la Manière d’ élever, de nourrir & de multiplier la Cochenille fut couchée par écrit devant le Magiflrat de la Ville d’ An- tiquerre. Voilà bien peut-être le prémier Cas de l’Hifloire naturelle, que l'on ait examiné parles Voies du Droit, & qui ait été traité par devant Notaires & Témoins avec toutes les Solemnités de Juftice. Voici les Points principaux de leur Depofition, que je m’en vai donner en Subfiance, Ils conflatent d’abord unanimément, que Mr deRuyfcher a Rai- fon; Que i.les Cochenilles font de petits Animaux vivans; 2. QT ils vont chercher leur Nourriture fur les Nopales , qu’ils rampent même quelque K’ fois TABLE XXVIII. De la Cochenille. 74 fois àTerre au Tour de cet Arbre ; 3, Qu’ ils mettent bas des Petit*, qui ne font pas plus gros que les Pous de Tête ; 4) Que ces petits Animaux ont d^s Yeux, une Bouche, 6. Piés & une Trompe àfuccer; ) groifie e) en : TABLE XXIX. Ecaille de PoilTon. 77 c) en répréfents une un peu plus groflie , laquelle a été inife dans du Vinaigre & dans d & e) elle fe voit groiïie, répréfentée fur le Dos & fur le Ventre» f ff g) montre volant T Haneton de Cochenille, que le Chevalier Sloane a dépeint fur la 237. Eftampe de Ton Livre a Voyage to the Islands h) le même Haneton rampant avec fa Chryfalide i), tiré du même Livre. k) font les Ncpaks d’un Plantage, où vivent les Cochenilles. l) répréfente la Manière de les remaffer avec le Pinceau de Poil de Chevreil» m) eft un Mexiquain, qui fouît la Terre au Tour des Racines des A Repaies pour la rendre plus deliée. n) un Garde Plantage, fous la Porte de fa Gueritte. ©) eft une Femme du Mexique, cuifant fon pain de Mais & en même Tems tuant & delfêchant les Vers de Cochenille fur. le Feu dans ces Lames ou Comales p) q & r) c’ eft de la Cochenille fêche raffemblée. f) eft une Natte de Jong ou de Paille, où l’on sèche la Cochenille,, qui a été tuée dans de l’Eau chaude. t) la Corbeille, où onia met, pour Penvoier.. TABLE XXIX. Ecaille de Poiffon Faute de Place je ne puis mettre dans cette Eftampe, que la petite Ecaille d’ un Gougeon a) dont la Grandeur naturelle eft b) & la pe- _tlté Ecaille d’une Tanche c) la véritable Grandeur eft répréfentée. d) Comme J efpere de donner dans la Suite d’autres Obfervations fur les K- a Poif~ 78 TAB, XXX. Des Vers, qui fetrouvent dans la Gomfoe-lacque Poijfons leurs Ecailles . dont la Figure & le Deffein eft different dans chaque PoiiTon, je mereferve d’en parler alors plus amplement. TABLE XXX. Des Vers 3 qui fe trouvent dans ie Gomme -lacque qui tient à des Rameaux & de leurs Nids, Ce n’eft pas la Cochenille feule, qu’on doit mettre du Nombre des Epiceries & des Drogues^ qui font ou inconnues, ou du moins pas fuffiffament découvertes ; caria Gomme-lacque en eft b[en suffi. Outre le D. Godofredi le jeune, dont les Obfervationes de Gummi Laccae Maie- viis , profapiae animaUs , quae tinüuram purpuream fuppeditant , font entre les Mains de tous les Savans, le célébré Naturalise Mr. le Prof. Carthaeuf- fer en a fait en 1754. * une Mention, qui m’ a donné Matière à des Recherches plus particulières ; & j’ ai trouvé moi-même , qu’ on a tort d'appeller cette Matière Gomme ; j’ai auffi découvert avec une Satisfa- ction fans égale les Nids & les Vers, qui y font enfermés. L’on peut* avec Mr, le Prof. Carthaeuffer , très bien nommer cette Matière une MaJJe Hermaphroditique , qui a la Nature de la Réjine & delà Cre enfemble. Je fuis obligé de renvoïer mes Leéteurs aux Ouvrages de ces deux Savans, pour pouvoir communiquer mes propres Obfervations , dans le peu de Place, qui y eft deftiné. Pour voir fi ce font les Vers ou la Matière, dans laquelle ils font remfermés, qui taignent l’Eau, je pris l’Ecorce extérieure de cette prétendue Lacque , qui tient à de pe- tits Rameaux; j’en mis dans de l’Eau & même dans de L’ Esprit de Hin bienfort, mais cette Lacque teignit auffi peu que rien. L’Eau & P E- fprit de Vin n’en devinrent, que d’ un jaune rougeâtre. Enfuite je mis les Particules noires, que j’avois trouvées au dedans & qui étqient de * Differtatio inaug, phyf. med. exhibens non nulla de gencricis quibusdam planta- rum principiis haftenus plerumque negleâis &c. 1754. qui tient à des Rameaux & de leurs Nids. - 7^ de la grofleur d* une Grain de Cbencvis dans deux Verres & je verfai de l’Eau dans l’ un & de /’ Eau de Vit bien forte dans 1’ autre. Au bout d’un Quart d’ Heure l’un & l’ autre étoient déjà Couleur de Rofe & dans une Heure rouge-foncé, & cette Couleur furpalfoit encore celle de la Cochenille . Je réitérai fouvent cet Effai & fus enfin couvaincu, que ce n’eft pas la prétendue Lacquej mais les Grains rouges foncés, qui y font renfermés, qui produifent cette fuperbe Couleur. Cette Diffé- rence m’ infpira de partager en deux cette Gomme-lac que , & d’en exa- miner la Maffe extérieure, & la Figure intérieure, chacune en parti- culière. Pour cet Effet je commençai par tirer de l’Eau & de l’Efprit de Vin les Grains rouge foncés, & de les faire paffer par divers degrés de Groffiffement. Mais le moindre qui ne groflit qu e Cinquante fois, fut fuffifant pour me mettre devant les Yeux la Figure très diftinéle d’un Infeéte du Genre des Hanetons, parmi lesquels j’en découvris enfuite plufieur-s entiers, & aufli beaucoup de Membres mutilés d’autres. Après cela je repris en Main la Matière , où fes Hanetons étoient en- veloppés. Je m’appliquai avec Soin d’en arracher de ce Bois ou Rame- au un Morceau entièr, fans le rompre. J’ y réuflis fouvent; & ainfi f en eus de très beaux Morceaux 5 fur lesquels je fis toutes Sortes de Recherches. D’abord j’examinai le petit Rameau de Bois, où ellete- noit ferme & comme colée. Je l’examinai avec une Loupe , n’aïantpu y appercevoir par la fimple Vue aucuns Bores , qui me fiffertt préfumer, que cette Matière en eût tranfpiré, comme la Réfine ou la Poix. Mais je n’en pus trouver la moindre Trace même les Yeux armés. Le Bois des Rameaux étoit très uni, de même que l’ Intérieur de cette Cire, qui avoit tenu au bois. Efin je rompis cette Matière en di- verfes Façons j’ en mis chaque Partie fous lé Microscope ; & par- tout je ne vis que Nids remplis de petits Hanetons. Très fatisfait de ce, que je n’ avois pas perdu ma Peine , je me mis à defliner fidèlement tou- go TAB. XXX. Des Vers qui retrouvent dans la Comme -Tac que toutes les Variations, que j’ avais fi diftinélement obfervées ; mais ne me fiant pas encore à mes propres Yeux . je fis acheter davantage de Gomme-Lacque fur des Bâtons ou des Rameaux ; je la donnai à 1’ Entrepre- neur, qui l’ examina lui-même exaétement & à diverfes Reprifes avec le Microscope, la confronta avec mon deifein, &: qui enfin la grava pour la première fois avec autant d’Exaélitude & de Dextérité qu’ on la voit dans cette XXX, Eftampe, Cependant Perfonne , que je fâche, n’a encore deiïiné ni fait graver ces Infeétes de Lacque pour les rendre publics. Outre cesHanetons, qui teignent rouge, j’ai trouvé dans cette Lacque quantité d’ Oeufs d’ Araignée, lesquels je n’ ai pas pû à la Vérité découvrir par la fimple Vue, mais d’autant plus diftinéfement avec No, de même que les Toiles dont ils étoient enveloppés. J’ai fait plufieurs autres Expériences avec la Lacque même, qui m’ont en- core mieux perfuadé, que ce n’ eft pas une Gomme. Car elle fondoit fur une Plaque chaude & dans une Cueiilère de Fer ; V Odeur n’ en étoit pas défagréable. Mais les Hanetons, qui font dedans puent comme les autres infe&es , quand on les brûle. Et aïant voulu détremper pour environ cinq Sols de cette Lacque dans le meilleur Efprit de Via dans un Ferre a Conferve de 4 Pouces de Haut, j’ eus au Fond une Lie d’ un très beau jaune-doré, aufii transparente que le puifle être le Verre le plus clair. Cet événement pourroit peut-être donner quel- que Jour à la Découverte delà Graine de Lacques ce que je fouhaiterois de bon Coeur à mes Compatriote-s. Ce qu’rl y a de bien fur c’ eft que cette Gomme -Lacque qui tient à des Rameaux, eft la MafTe dont toutes les autres fe font ; car la Lacque ■en Tables ou en Grains, qu’on nous apporte , a été ainfi préparée par les Indiens de celle-là 8t réduite en une Mafle purgée de la Cire. Mais il y a deux fortes de Lacque , qui tient à des Rameaux; l’une oft aufli jaune que Y Ambre 3 oui’ Agathe, & 1’ autre en dehors brun foncé qui tient à des Rameaux, & de leurs Nids. Si foncé & rouge en dedans, de forte que quand on i’ oppofe à la Lumière la Couleur rouge transperce; & cette dernière efl la milleure. Sil en faut croire Tavernier, la Lacque de Bengale vaut moins que celle de Begu, puis-que les Bengalois fe fervent eux mêmes de celle de Begu. File tient le Nom de Lace ou Lac des Arabes, qui l’ont in- troduit dans les Indes & principalement à Begu. Les Arabes eux mêmes croient que c’eft l’ ouvrage de quelques In- feddes ; que les Fourmis volantes ou même les ordinaires vont cher- cher la Cire fur les Fleurs, & qu’ elles les portent fur les Rameaux des Arbres, pour y pxmdre leurs Oeufs.. D’autres affûrent au contraire, que cela fefait par de petits Moucherons, Le D, Godofredi compare tout ce Travail à celui des Abeilles & à leurs Cellules, Et alïurément rien ne reiïemble mieux à des Nids de Guêpes, que ceux des L'ers de cette Gomme -Lacque, La lacque elle -même peut palier pour un verum favi fpecimen , pour une Efpèce de Gateau de Cire, qui environne les Nids des jeunes Vers ; ce qu’ on peut juger par la Lacque qui nous vient de P lie de Madagafcar, laquelle relfemble parfaitement à nôtre Cire. 11 y a de ces Nids, qui font longs, d’autres ronds; les Parois en font lifes & conftruites avec folidite'. Explication de là XXX. Eftàmpe. a) font de petites Branches , d’où pendis Gomme - Lacque , répre'fea- te'es d’après Nature h de GrolTeur ordinaire. b) efl un Morceau de Lacque de GrolTeur naturelle, & av»c fes Nids. c) répréfentc le même grolîi. d) un Nid à Vers avec trois Vers dedans, répréfenté dans un haut Point de GrolîilTement e) un Morceau de Lacque groffi, qu’ on voit horifontalement de bas en haut avec les Nids. L f) un ga TABLE XXXI. Du Salpêtre ou Nitre. f) un autre répréfente de haut en bas 'avec fix Nids arangés en Cercle. *• g) encore un petit Morceau, hors duquel les Vers preTentent leur Derrière. h) un Morceau de Gomme tout entier tel qu’il tenoit au Bois, 8c qui efl très uni. i) Des Oeuf 8c delà Toile d’ Araignée, qu’on trouve dans Jes Nids. k) un Vers de Gomme-lacque, pris de côté ou en Profil; l) encore un couché fur le Dos ; m) un troifième couché fur le Ventre n o p) divers Morceaux détachés de ces Vers. T A B L E* XXXI. Du Salpêtre ou Nitre. Qui defireroit une Défcription détaillée du Salpêtre , confideré par le Microscope, la trouveroit non feulement dans Mr. Backer; mais il y verroit encore bien des Chofes utiles 8c agréables, concer- nant la production & la Compofition Chimique de cette Matière. Je n’ai fait ici qu’en defliner une Goûte liquéfiée dans de l’Eau, de même que fa Configuration 8c fa Criüalifation a) Mais j’en ai marqué fepa- rémentles Criflaux hors du Cercle, par b) c) d) e) f) g) Pour ceux qui font marqués h) je ne les ai pas vus avec le Microscope > mais on les trouve dans le Salpêtre qui vient de Bengale. Ce qu’ils ont de fin- gulier, c’ eft qu’ils font en fix Coins creux 8c percés perpendiculaire- ment, de forte qu’ on peut fouffler à travers, 8c même y palfer un Crain de Cheval. Les autres en général fe fontpréfentés dans differen- tes Obfervations fous le Microscope folaire; furquoi je dois avertir, qu’il ne faut pas que la Goûte de Salpêtre foit trop chargée pour pro- duire de beaux Chriftaux. TAB- VbJ* 8» TABLE XXXII. Du Coccus Polonicus ou Efpèce de Cochenille d’Allemagne. \ tant refolu de donner ici une Hiftoire concife de la Cochenille, & d~ m’étant rcfervé, ainfi que je i’aiplufieurs fois infinué, la quatriè- me Feuille de chaque Mois, pour l’ emploiera des Obfervations mê- lées; je m’en vai emploïer cette XXXII. Eftampe à une Obfervation faite & décrite par Mr. le Doét, Breyn; laquelle eft à la Vérité très connue aux Savans, furtout aux Prêtres d'Efculape, mais non pas au- tant à tous nos Amis. La bonne Intention que j’ai eue me fera obte- nir mon Pardon, fi je débité ici des Chofes fi peu ignorées. Car 1’ Ex- périence quotidienne ne nous apprend que trop la Vérité de ce qu’on dit: Que nous foulons fouvent aux Piés les Fruits & les Productions de nôtre Pais, pour en faire venir de la même Efpèce & à grands Frais du fin fond du nouveau Monde. C’eft ainfi que nous envoïons tant de Millions aux Indes pour a- voir de la Cochenille , que nous pourrions peut-être faire réülfir en Europe & épargner plus de quinze cent mille Florins par An, Mais Mr Breyn en aïant écrit tout un Traité , * je me contenterai d’en faire ici un petit Extrait, & en laiiïant au Lecteur le Soin de lire l’ Ouvrage. Le Mot Coccus ou Coccum efi: pris du Grec & fignifie Granum un Grain, parcequela Figure de ces Nids à Pèrrrefiemble à une Graine ronde, qui fe trouve le plus abondamment en Pologne à la Racine de la Po- lygone * ou fclerante & par cette Raifon appelée Coccus radie us . L 2 II * Dr. Joh. Phil Brcynii Hift. nat. Cocci Radicum Tinflorii , quod Polonicum vul- go audit. * * Le Tradufteur après bien des Recherches n’ a pas pu découvrir le Véritable Nom de cette Plante. 11 a feulement trouvé [dans quelques diflionaircs que c’étoit une Efpèce de Plantin. 84 TABLE XXXII, Du Coccus Polonicus , ou Efpèce Il y en a de trois Sortes i) le Coccus d’ Amérique ou la Cochenille, expliquée dans la XXVIII. Eftampe; le Coccus de Chêne que nous ferons voir dans la trente feptième & le Coccus de Pologne, dont nous allons parler. Mr. le DoéL Breyn vouloit en montrer une quatrième Efpèce 5 mais comme nous n’en avions pas encore de Défcription circonflantiée, ainfi qu’il le dit lui même, il vouloit attendre qu’il en vînt quelcune. Il entendoit parler de la Gomme- Lacque tenant à des Rameaux ; mais comme je P ai décrite & répréfentée le moins mal que j’ ai pu dans la XXX Table, il ne reliera qu’à dire quelque chofe du Coccus de Chêne & des Décou- vertes particulières fur cette Matière, pour livrer en Taille douce une petite Hilloire de la Cochenille ou des Infeéles qui appartiennent aux quatre Efpèces de Coccus qui teignent rouge. Ce Coccus de Pologne elf , comme j’ai dit, une Graine ronde, qui a la Groffeur d’ un Grain de Poivre blanc . Elle elt légère, de Couleur rou- ge-violette ; elle eft couverte d’une Peau très mince j elle contient un Suc rouge comme le Sang h elle pend à un pétit Arbulfe ou Plante ap- pellée Polygone ou Scier anthe, de là vient qu’elle eil Peuvent revêtue d’une Croûte de Terre brune» Vers la St. Jean les Gens de la Campagne la ramalfent &Ia font fêcher à petit Feu dans des Vailfeaux de Terre i &■ alors elles rendent unePu- anteur femblable à celle de P Urine, Mr. l’Obfer valeur en prenant garde à leurs Mutations, vit fortir de chaque Grain de ce Coccus un Per, qui avoit fix Piés & dix Anneaux au tour du Corps, fur la Tête deux Cornes à tâter les Objets, & qui étoit garni tout à Pentour de Pointes d’un Poil très fin. Sa Couleur étoit pourpre foncé, & il devenoitplus gros ou plus menu, pluslong ou plus court à Mefure, qu’il fe remuoit, Mr, le Doél. Breyn n'a pas pû appercevoir la Différence de leur Sexe* de Cochenille d’ Allemagne. 8/ Sexe , ni s’ils prennent de la Nourriture ni s’ ils la rendent, il prétend, qu’ ils peuvent vivre io. a 12. Jours de T Air ; qu’après quoi il vit fortir de leurs Corps une Sueur blanche, qui fe tiroit comme une FilalTe, & qui leur couvroit tout le Corps d3 une Gaze blanche très fine. Cette Couverture blanche eft fi fubtile, qu’ à la toucher très délicatement feulement du bout du Doigt, elle périt & s’en va en Particules imper- eeptibles de Pouffière, qui difparoilfent à la Vue. L’on elî faifi d’ Ad- miration de voir un Corps, qui paroît tout rouge & rempli de Sang, fe noetamorphofer ainfi tout d’un Coup en une Couleur d’un fi beau Blanc» Ils demeurent f. à 8. Jours dans cet Etat, puis ils pondent une Cinquantaine & même une Centaine d’Oeufs. Vers la St. Barthelemi ces Oeufs , qui rdTemblent à de petits Points rouges, éclofent, & les Petits traînent quelques Jours après eux la Coque, où ils étoient enfermés* Il-y-a deux Sexes entre eux. Les vermiflëaux nouvellement nés rampent fur la Terre, jusqu’à ce qu’en fin ils s’attachent aux Racines de la Polygone, dont ils tirent le Suc & fe metamorphofent infenfible- ment en Coccus, ou en ces petites Velîies rondes & remplies de Sang, qu’ils revêtent enfuite de Terre & prennent la Forme, b) Delà ils ref- fortent pour repondre des Oeufs, qu’ils mettent les uns dans cette Laine blanche, les autres dehors» Quelque fois, dit Mr. Breyn dans fa Défcrîption, P on voit aulïi de petits Moucherons noirâtres fous le Ventre , qui ont fix Piés & deux Cornes à tâter les Objets, & qu» portent à leur Derrière un Bouquet de longs Poils qui fe tiennent tout droits, la Longueur des quels furpalfe cette de toute la Mouche. Maïs cette Mouche ne vit que 24. Heures, & V Auteur ne vouloit pas croire qu’elle nailfe du Coccus j e’eftpour- L j quoi 86 TABLE XXXII. Du Coccus Polonicus, ou Efpèce &c. quoi il réfuta Mr. Frifch, bien que celui-ci eût Raifon * ; Mr Brevn fut long tems fans favoir où il en étoit; mais aïant découvert d’autres Oeufs dans la Laine mo'le du Coccus ; il en conclut apparemment, que ces Mouches pouvoient venir d’un certain Vermiffeau, qui fe trouve par fois en Juillet & Août parmi les Coccus, mais qui n’ont rien de commun avec ceux-ci. Cependant Mr. le DoCt. Breyn a retraité dans la Suite cette Con- jecture, & ou trouve cette Pièce dans les Pbil. Trans.n 421* comme auffi dans les AÏÏis Erudit. Lipf. à. a. 1731 pag, 406. & dans le Commère. Litter. Anno 1733. Hebd . U. fous le Titre D. D. J . P. Breynii corrigenda qnaedam 0) emendanda circa gener ationem Infeai fjfc. quae recenfita reperitur in Tranfaïï. Pbil.n. 421, A^is Erudit. Lipf. 1731. pag. 406. & Commère. Lit Anno 1733. Spec. fi. pag. m.feqq. Où il affure avoir enfin vû lui-même la Metamor- phofe de ce Moucheron dans le Coccus. Du refteles Polonois P appellent Karmazinovve , Ziarca ou Czetvviec 3 ils s’ en fervent pour teindre le Cramoifi; fur quoi l’on peut voir Rza-, czimki Hiftor. Nat. Pol. pag. ^.Frifch a auffi trouvé cer InfeCte dans la Mar- che h en a décrit la Génération ; ileffc delà ClalLe des InfeCtes de Galle voi. le Lieu cité. Explication de la XXXffi Eftarnpe, a) Eft la Plante de Polygone ou Scleranthe , sux Racines de la quelle fe trouvent les Coccus ou Nids en Forme de Graines b) c) les jeunes f ers fortis des Oeufs, dj les Oeufs un peu grolTis. e) les même dans leur Groffeur naturelle, f) eft un Fers nouvellement éclos , plus groffi, trai- nant encore la Coquille y g) le même Ver fans Coquille, h) un Grain de Coccus de Groffeur naturelle, & avec la Terre dont il eft couvert, i) le même groffi, m) le Fer, qui y eft renfermé au naturel, n) groffi, & Voi. Part. Vs Tab, II. pag. 6. T A B. XXXIII. Fig» 1. Une petite Chenille avec la Coquille &c. 87 & couché fur le Ventre, o) aufli grofli couché fur le Dos avec fes 6. Fiés, fes z. Cornes à tâter les Objets & fes Pointes de Poil , p) eft enco- re un de ces Fers rétiré, de forte qu'on n’en voit ni les piés ni les Cor- nes , & q) eft le même grofti, r) eft l’Ecorce vuide ou le Coccus , d’où 1 e/^reft forti, f) montre le Per enveloppé & couché dans fa Laine fine t) le défigne grofli, v) devroit êtrcl’autre forte d’ Oeufs du fer étranger vv) d’où feroit venue la Mouche x) &groftie z) fuivant le prémier fenti- ment de Mr. le Doét, Breyn , lequel il a dans la fuite révoqué, axant trouvé que c’étoit du même Ver & des mêmes Oeufs, que venoientles Moucherons x) z) & les autres. TABLE XXXIII. FIGURE I. Une petite Chenille avec la Coquille de l’Oeuf dont elle eft fortie. il y- a quelque tems, que j’ai reçu d’un habile Connoifleur des Inftru- mens Microscopiques la petite Chenille a) & Y Oeuf b) fur une Feuille de Giroflier & j’ai trouvé la Struélure fingulière de cet Oeufü mignonne, que je me fuis fait un Plaifir de le déffiner avec la Chenille & de l’infé- rer dans cet Amufement microscopique. La Chenille-elle même, qui êtoit toute couverte de Poil & pour- vue d’une grolfe Tête & de Mâchoires en forme de Pinces vécut deux Jours entre les deux Verres de la Machine avec laquelle on palfe les Objèts fous le Microscope; &ellelailfa, en mourant, quelques bouts d’un Fil extrêmement fin d tant au tour de fon Oeuf, qu’ autour d’elle même. Sa Grolfeur naturelle & celle de l’Oeuf font mar- quées. f) g) FIGU- 38 TAB. XXXIII. FÏG. II. Des Mites dans la Farine. FIGURE IL Des Mites dans la Farine. J", ai tiré le préfent Delfein des Mites que j’ai trouvé dans de la Farine t que mon Ami Mr. l’Archidiacre Hoen de Hersbrouck m’a envoiéc avec la Lettre fuivante. Mon (leur! ^/"oici non feulement la Farine , que Vous m* avés, demandée dans „ Vôtre dernière Lettre; mais encore quelques Remarques telles, que „ je les ai pû faire. C’eft de la Farine ordinaire d ' Epeautre. je 1’ ai ?, gardée, comme toutes les Années, dans un Tiroir d’un Garde -manger , ,, que j’ai dans une Office bien fêche et ou il ne gèle prèsque jamais; ,, mais j’ai remarqué tous les Ans et furtout celui-ci, qu’ aux Mois „ dé Juin et de Juillet, cette Farine à moins qu’elle ne fût remué-e „deux ou trois fois par Jour, fe remplilfoit d’une Efpcce de Termine , „ qu’un Vieux Farinier m’a dit fe nommer Laufig. Mais de ce qu’elle „ eR cette Année fi pleine de ces Infeéfes, la Raifon pourroit bien en ,, être, que l’ Année palfée l’on entra tous les Fruits de la Campagne ,, par un Tems de Pluies continuelles, et que la Farine qu’on en faifoit „ venoit du Moulin toute huamide , de Sorte qu’ il la faloit faire fêcher ,,fur le Fourneau. Cela ne pourroit - il pas caufer cette grande Popu.- solution} Voici les Remarques que j’ ai faites là delTus. Dès le Com- ,, mencement des fudits Mois, la Farine devient comme une Pouflière, ,, c’eft à dire, qu’elle fe foulève, comme fi elle avoit été raréfiée en „ la paflant par 1 t Tamis, et qu’on en eût applani les petites inégalités. „ Plus avant dans le Mois cela arrive toutes les Nuits; P. E. on a re- „ mué la Farine fur le Soir , le Matin elle eft toute égalifée. Enfin quand „ même on l’auroit bien remuée le Matin avec la Main et même deux ,, fois dans un Jour ; il fe montre toujours fur la Surface une Farine jaune, „ partie TAB. XXXIII. FIG. II. Des Mites dans la Farine. 8* „ partie Couleur de Cendre, comme fi c’étoit de la Vermoulure de Bois. „ et quand on pafie le Doigt deflus tout grouille, comme fi e’ étoit „ de l’Eau, ou comme fi quelcun remuoit la Farine par defious. Je „ pris une Poignée de cette Farine ; que je mis fur du Papier pour „ l’expofer au Soleil et tâcher de faire quelquo Découverte ; mais dés- ,, lors ie n’y trouvai plus de Vie. Je Vous envoie donc une Portion ,, copieufe de cette Farine; afinque ces ïnfeéles vous puifient plus fu- 5, rement parvenir , et que vous puiffiés faire plus commodément vos 5 Obfervations, Mais permettes moi de vous avertir , qu’il faut que 5, Vous remuiés la Farine vers le Soir. Si le Lendemain matin les petites Inégalités font applanies, et que la Pouffiére de Farine jau- „ nâtre fe montre pardefïus; ce fera une Marque certaine, que tous „ ces Infeétes vivront encore. Je laifie à vôtre Dextérité et à vôtre j, Patience inépuifahle a choifir la façon de faire les Obfervations. ,, Peut-être que cette Obfervation , fuppofé qu’ elle re foit pas en- », core fort connue, donnera occafion d’ examiner , fi cette Farine „ ainfi pleine de termine ne peut pas caufer des Maladies ? Surtout puis qu’elle a une Odeur dégoûtante aprochant de celle des Pu- „ naifes; d’où vient aufii, que quand la Farinne eft trop remplie de „ ces Infe&es, elle eft amère, et que bien des Gens ne la peuvent „ manger. J’ai l’honneur d’être avec une Confidération foutenue. Monfîeur &cf P. Hoen Archidiacre de Hersbrouck. Ces Créatures qui font transparentes comme du Verre, qui ont fixPiéi, une Paite d’ Veux clairs, des Mâchoires en forme de Pinces , et du Poil long et nombreux par tout le Corps les Piès et la Bouche, fe trouvent fur la Croûte du Fromage d’Hollande, dans le Ris fur les dmandes, les Figues lèches et fur d’ autres femblables Drogues. Elles M aiment S)o T A B, XXXIII. FIG. II. Des Mites dans la Farine. aiment furtout l’Aigreur & cela fait, qu’on en trouve tant dans la Colt des Relieurs. Pour ce qui concerne ces Mites de Farine , j’ en ai trouvé plus de deux Tiers contre un Tiers de Farine, dans le Poids de deux Livres. Elles vivoient 8. à io. Jours, fe multiplioient extrement, pondoient quantité d’ Oeufs ; mais aïant oublié dans une Chambre fêchele Grand Verre, où je les confervois , je les trouvai au Bout de quelques Jours presque toutes mortes. Elles marchoient affés vite? quand même elles emportoient une Prife encore une fois auûi grolfe que tout leur Corps, Il fait beau voir trois ou quatre de ces Mites tirailer quelque fois une Particule de Poufliere un peu grande & fe P arracher les unes aux autres. Et comme ces Confidérations me rappellent fouvent avec beaucoup de Plaifir les belles Penfées de Mr. de Voltaire dans fon, Mkromegus , je n’ai pas crû hors de Propos de lesinferer ici. L’on fait que dans cette petite fatyretrèsfpirituelle, Mr. de Vol- taire fait voïager dans toutes les Planètes de l’Univers un Jeunehomme de celle deSirius, à qui il donne le Nom de Micromégas & la Grandeur de huit Lieues. Ce Micromégas arrivé dans Saturne , ytrouveunSa* vant Saturnien; mais qui n’ aïant que Mille Toifes de haut, n étoit qu’un Nain en Comparaifon du Syrien. Il le prend cependant pour Compagnon de Vcîage, et ils arrivent tous deux fur nôtre Terre par ]e Bord feptentrional de la Baltique. Ils firent le Tour de nôtre Monde en 3 6. heures; ils prirent la Mediteranée pour un Etang prefqu’ im- perceptible & la Terre pour une 'taupinière. Lis furent long - tems fans pouvoir croire, que ce petit Monceau fût habité, et que nous & tous les autres Habitans de ce Globle eulfions P honneur de 1’ Exiftence; jus qu’à ce que le Saturnien vit remuer quelque fchofe de très petit; Or c’ étoit une Baleine. 11 la pofa très propriment fur l’Ongle de fon Pouce & lamontra auSirienqui éclata de rire à laVûe de cet Infiniment Petit TAP. XXXIII. FIG. II. Des Mites dans laFarine.' 91 Petit. Or comme dans ce Tems là, c’ eflt à dire en 1737. au Mois de Juin, il revonoit du Cercle Polaire une Volée de Philofophes, & que le Saturnien prie tout le VaiiTeau qui les portoit pour quelqu’ autre Infe- éle aquat que, il étendit encore la Main & P aïant pris entre deux Doigts le pofa auflî très fubtilement fur fon Ongle avec tous les Mef- fleurs qui y étoient. Par bonheur le fil du Collier de Diamans du Si- rien vint à fe caiTer ; le Saturnien fit des Microscopes des Diamans taillés &par leur Secours , ildécouvrit, quoiqu’ avec biendela Peine, qu’il falloit, qu’il y eût des Mites qui alloient et venoient dans vaiiTeau, Enfin Micromégas apperçut que ces Atomes parloient enfemble; & apres bien des Conteftations , ils convinrent d’ examiner ces Infeéles de plus près. Là deffus Micromégas tira une Paire de Cifeaux, dont il fe coupa les Ongles; & de la Rognure de l’Ongle fon Pouce il fit une Eipèce de grande Trompette parlante comme un vafle Entonoir. La voix plus foible entroit dans le Fibres circuleires de P Ongle et Micro- mégas parvint par fon Induflrie a eutendre parfaitement le Bourdon- nement des Infeéles de dedans le VaiiTeau. L’Etonnement des deux Geans voïageurs alloit à chaque Inflantcn augmentant; mais bien plus quand ils entendirent, que ces Mites s’exprimoient avec afiès de bon Sens. Et pour pouvoir de leur côté s’ entretenir avec elles fans les affourdir par leux Voix de Tonnere, ils peirent dans la Bouche un pe- tit Curedent, dont la pointe bien èfilèe alongeoit jusqu’ au VaiiTeau Le Sirien avoit le Saturnien fur Tes Genoux, & le VaiiTetu avec tous creux qui yètoient fur fon Ongle. Enfuitcil baiflaun peu la Tête & parla ainfi tout bas à ces Mites ; Infeétes invifibiles que la Main du Créateur s’ eft plu à faire naître dans l’ Abyfme de P Infiniment Petit, je le remercie de ce qu’il a daigné me faire connoître des Secrets, qui fembloîent impénétrables &c. O Dieu qui as donné V intelligence à des, M 2 Etres 92 T AB. XXXIII. FIG. II. Des Mites dans la Farine. Etres, qui parodient fi méprifables, Y Infiniment Petit te coûte auflïpeu que Y Infiniment Grand . S’ il eft pofiïble, qu’ il y ait des Etres encore plus petits que ceux-ci; ils peuvent être doués d’un Efpritfuperieur à tous les fuperbes Animaux, que j’ ai vus dans les autres Planètes. LV Ouïe de ces Paroles jetta tout le VailTeau dans le dernier Etonne- ment. L’Aumônier fe mit à réciter des Prières d’ Exorcisme s les Ma- telot à jurer & les Philofophes à faire un Syftéme; & nul ne pouvoit découvrir, qui c’ ètoit qui leur partoit, jusqu' à ce que le Saturnien le leur eût expliqué. Là defliis les Philofophes apprirent aux deux Gèans, qu’il y avoit fur leur Planète des Créatures beaucoup pluspe- tis que les Hommes. La Converfation devint plus intereftante, & Micromégas crut, qu* il faloit que les Habitans de la Terre jouïflent d’ une Joie très pure , puisqu’ ils avoient beaucoup moins de Matière & d’ autant plus d’ Efprit. Mais les philofophes du VailTeau haulfèrent les Epaules & le plus franc d’ entre eux dit ingénument, qu’ à P Ex- ception d’ un très petit Nombre , tout le Refte n’ étoit qu’ un Alfemblage de Fous , de Méchans & de Malheureux. Si le Mal vient de la Matière ajouta, t. i/,.nous n’en avons que trop, et nous ne fommes que trop fpirituels, fi le Mal vient de T Efprit. Savés vous par Exemple, qu’à l’Heure que je Vous parle, cent mille Fous de nôtre Efpàce ne égorgent cent mille autres, au s’en font égorger? Et cet Ufage eft établi par toute la l’erre deTems immémorial. Le Sirien tout étonné demanda ce qui pouvoit donner à des Créatures fi méprilfables fujet à de fi ter- fibles Querelles. Un petit Monceau de Terre , repartit le Pbilofophe , qui n’ ellpas plus grand que votre Talon. Outro cela entre ces Milions d’ Homes qui s’ entre -tuent, il n’y en a pas un qui fonge à prétendre un Fétu de cette Motte de Terre. Il eft feulement queftion de favoir fi elle appartient à un certain Homme qu’ on appelle Sultan, ou a un autre T AB. XXXIII. FIG. II. Des Mîtes dans lâ Farine. 53 autre qu’ on nomme Cèfar, je ne fais pourquoi, Nil’ un ni 1* autre n’ ont jamais vû ce Coin pour lequel ils fe battent, & parmi ces Alites qui s’ entrégorgent, il n’y en a presque pas une qui ait jamais vû ni le Sultan ni Céfar. Malheureux, s’ écria le Sirien plein d’ Indignation, peut-onfefi- gurer un tel Excès de Fureur ? Je fuis tenté de faire trois pas & d’ écra- ler fous mes Pies toute cette Fourmilliére d’Affaifins ridicules. Ne vous en donnés pas la Peine, lui répondit? Infeéte Philofophe du VaifTeau, ils travaillent ailes à leur Ruine; fâchés qu’ au Bout de dix Ans il ne refte pas la contienne Partie de ces Miférables; car quand même ils u’auroientpastirél’Efpée, laFaim, laFatigue, ou l’Intempérance les emporte presque tous. D’ ailleurs ce n’ eft pas eux, qu’ il faut punir ; ce font ces Barbares fedentaires, qui du Fond de leur Cabiner ordon- nent, dans le tems de leur Digeftion, le Malfacre d’ un Milion d’ Hommes, & qui enfuite en font remercier Dieu folennement. Il feroit fuperflus d’ en emprunter davantage de Mr, de Voltaire le Refte ne faifant rien ici. Mais pour revenir aux Mites ils en trouve de diverfes Efpèces ; car je les ai trouvé autres fur la Croûte du Fromage d5 Hollande, autres dans le Ris , fur les Amandes fur les yejjies de Co- chon & fur d’ autres chofes fêches , aigres ou gralfes. L’ autre jour qu’ il me faloitun morceau de Cole fêche, et que je voulus la tirer du Verre où je la tenois, n’y trouvai rieu qu’ un Tas de Farine grifâtre. J’en mis fous le Microscope , & voilà que cen’etoit que Mites, qui aïant trouvé du goût à Y aigreur de cetteMaffe, s’en étoient û bien donné au Coeur joie , qu’ elles F avoient toute mangée. Je m’eu vai finir cette Matière par un court Récit. L’ on me fit P Année Prefent d’ une Bouteille de Vin, qu’ on difoit être du Wertheim, Au premier Verre que j’ en verfai, j’ apperçus M 3 Quan- 94 TABLE XXXIV. La Pouffière de la Grenadille, Quantité de petits Etres dans le Verre, que je pris d’abord pour de pe- tites Ampoules d’ Air ; mais voïant qu’ils tomboieut à fond, je pris mon Microscope àl’Aide duquel je découvris ces nouveaux Ecornifleurs de Vin, &• je vis que c’ étoient des Mites de l’ Efpèce de celles de laCroûte du Fromage d’ Hollande. Cet Accident peut arriver facilement II n’ y a qu’ à avoir du Fromage & du Vin dans la même Cave, et qu’ à négliger de tenir les Douves eu Tonneau bien fêches, nettes et torchées vers le Eondon et la Canule., & P on aura en pen de Tems dans le Tonneau des Millions de ceslnfeéfes, qui y trouveront leur Nourriture favorite. Ces Versre peuvent fupporter ni le trop de Sêchereffie, ni trop de Mouïlleure ; par coiitre ils fe tiennent le plus long - tems dans des Corps humides, Je reprendrai à Y avenir les autres Efpèces de Mites „ comme auffi les Crinons et les Cirons et les autres fortes, qui s’engendrent dans l’Homme, &je les répréfenterai de laManièrelaplus diftinéle, * v Ici-la Fig 2, réprefente quelques Mites telles, qui élis ont été ©bfervées dans la Farine, a) efl leur GrofTeur naturelle & b) dans leur Groffiffement. TABLE XXXIV. LaPoufïière de la Grenadille. /^ette Eftampe donne une des Fleurs les plus belles & les plus agréa- blés, qui eft la Grenadille . a) en eft le Calice avec fes Raïonsj b) le Refervoirà Fruit ou Y üte- msy qui contient les Embrions des Grains de Semence, c c c c c) les Eta- mines^ dont cc) en préfente d’ un peu groffies. ddd) marquent les Verrues pat les quelles la Pouffière fécontante des Etamines c) entre dans ! * Utérus t b)c) fait Voir cette Poufâre fort grade, la quelle reffiemble à des TAB. XXXV. Du Sel de Coral T. XXXVI, Des Vers du Kermès. des Oranges, & dont quelques Grains crèvent et rentent leur fubftan- ce intérieure, f) eft un Refervoir à Fruit ou Utérus encore verdet pas entièrement mûr , de Grandeur natuelle ret ouvert perpendiculairement lequel eft marque' b) dans la Fleur. On y voit les timbrions des Grains de femence encore Verds en trois Files égales h h h) 1’ on voit g) le même Utérus ouvert horifontaliment, où Y Envelope des Emprions hhh) forme un Triangle re'gulier. iii) Ces Embrions verds fe voient groflïs kkk.)l) montre un Grain de Semence mûr dans fon Envelepe ou Caliptre, & m) le fait voir hors de T Envelepe. bb) répréfente enfin 1’ Utérus b) f) g) tel qu’ il fe préfente mûr, car alors il n’ eft plus verd mais Couleur d’Orange. TABLE XXXV. Du Sel de Coral. Je n’ai rien à remarquer fur cette Obfervation, fi non que j’ en ai pris le Sel dans une Pharmacie, et que j’ en ai défliné la Répré- fentation préférablement à bien d’ autres, la trouvant admirablement belle; puifque fa Périférie forme une double Couronne en Zigue Zaguc , et fon Centre une double Rofe ou la Figure d’une Etoile à huit Feuilles» ou Raïons, TABLE XXXVI. S Des Vers du Kermès. T)our m’ acquiter de ma Promefie, je done ici une quatrième Eipèce ■*- de Cochenille qui a été décrire par le Comte de Marfilli, Elle eft encore de la Clafie des Inférés de Galle et on la trouve reconnue pour telle tant par Reaumur, * que par Marfilli ** et par d’autres Chès * Mémoires pour fervir à P hiftoire des Infc&es Tom. 3» ** Malpig. Anatomes pars altéra Tit. de Galils* ^ 96 TABLE XXXVI. Des Vers du Kermès. Chès les Apoticaires on l’appelle Grand Kermes vel cbermes; mais les Botanistes la nomment Grar.um tiniïorium , Coccum infeclorium , Coc- cusinftïïoria , Coccum Squarlaticum , Craine d’ Ecarlatte ; les Arabes la nom- ment Kermès , 1' et on appelle les Abrifleaux qui la portent: Ilex coc- cigera, aculeata , cocciglandifera , aquifolia five coccigera , et en Allemand Scbarlachbaum , Kcrmesbaum , Taerberkoernerbaum &c. Cet Arbrifleau croît en Portugal, en Efpagne et dans une Partie de l’Italie et de la France, où il eft fort cultivé à caufe de la Graine, qui on nomme Graine de Cramoifi , de Kermès , d’ Ecarlatte, de Teinture, Coccibaphicae , quis- quilia &c. lonfton compte cet Arbrifleau parmi les Chênes et Zorn nous en dit dans fa Botanologie ce qu’ il en fait; mais il s’ attache plus particuliérement à nous inftruire de i’Ufâge, qu’ on peut faire de la Graine de Kermès dans la Medecine. Si je ne me trompe , c’ eft le Savant Comte Marfilli, qui m’a donné le plus de Jour, touchant le Kermès dans la Lettre à Ant. Marie Valisnieri célébré Profefleur de Padoue. J’ en mettrai ici un petit Extrait , enrenvoïant mes Leêteurs à 1’ Ou- vrage même du Comte, * pour ce qui concerne les Efais de Chimie, qu’ il en a faits. Pendant ma Retraite entre Caiïis et Marfeille, dit -il, pag 56. ai eu la Commodité d’ examiner éxaélement par moi - même la Graine de Kermèes , 11 y- a là de petits Bois d’ Teufe où«€ette Graine croît. Les Italiens l’appellent del elce et les Savans Ilex aculeata Coc- ciglandiferaou Ilex Cocci fer a. Elle croît en Abondance auffi en Prouence & en Languedoc, où on la nomme Languiscola , de même qu5 en Es- pagne et en Portugal, En Italie l’ on en voit aux Environs de la Tof- eane, ei même dans l’Etat Ecclefiaftique , mais le Kermes n’ en eft ni fi abondant ni fi bon. Les pauvres Gens de la Campagne gagnent leur e OÆTervaziene Raturai! intorno al Mare er alla Grana Kermes, Vcnezia 17* *• TABLE XXXVI. Des Vers du Kermès. 97 leur Vie, à amaffer cette Graine pour la vendre enfuite aux Mar- chauds, Le Terrein où croît cette Yeufe paroît très fterile, n’étant pour la plupart, que Sable rouge et que Gravier, Je n’ai jamais trouvé la Hauteur de cet ArbriiTeau de plus de deux Près. Sa Racine eft lon- gue et droite , de laquellefort un Tronc tortu de la Grofleur du Doigt, lequel a lui même Quantité de Branches et de Rameaux aulîî tortu* et chargés de petites Feuilles pléines d’ Aiguillons piquans comme le Rouvre, portant le même Fruit et mûrifFant avec le Gland. Pour ce qui eft de la Génération du Kermès, que Mr. Fegon prémier Médecin du Roi de France a découverte et décrite le prémier du moins que je fâche, elle fe fait de là Manière qui fuit. Aux pré- miers Jours d’ Avril, qu’il fait le moins de Vent, il vient de très pe- tits Crains fur les Rameaux de 1’ ArbriiTeau, dans les petits Angles, que font les Feuilles avec les Rameaux , ou les Rameaux avec les Branches- Car il eft rare qu’on en trouve fur les Feuilles. Ces petits Noeuds ne font d’abord que comme des Grains de Mil- let & Verds; mais ils deviennent enfuite rouges; alors leur Subftance intérieure devient rouge & fluide, & au Commencement de Mai ils durcilfent & deviennent d’un Rouge grifâtre Dans ce tems là on peut voir fous chaque Grain une petite Pellicule blanche & épailfe, par la- quelle le Grain eft attaché au Rameau, comme par une Peau moifie. Il faut cueillir cette Graine avant que les Oeufs ou la Matière rouge qui y eft renfermée Toit mûre, & que i’Infeéte foit fur le Point d’en fortir, fi V on en veut faire Ufage dans la Medecine ou dans la Teintu- re. Que fi on la lailfe fur les Rameaux, ou qu’on la cueilie dans des Vafes pour l’y garder, il en fort au bout de quelques Jours une Infini- té de Moucherons grifâtres, & puis la Graine a perdu toute fa force, C’ eft pour cela qu’on a Coutume dès qu’ on a cueilli cette Graine N de sa TABLE XXXVI. Des Vers du Kermès, de verfer du Vinaigre délias & de V expofer trois Jours au Soleil; ce qui fait mourir les InfeCtes & les empêche d’ éclore. D’ailleurs cette Graine ou Galle efl de Figure ronde, à peu-près delà GrolTeur d’un Pois; & il en eft du Kermès comme de toutes les autres Efpèces de Galles, qui proviennent des Piquûres, que font les Infeétes en certaines Parties de leurs Plantes; ainfi que nôtre Savant Malpighi l’a très bien obfervé, & qu’on le peut voir fort clairement par le Microscope». Pour l’ Infeéle, dont la Pequûre produit le Grain de Kermès, l’on prétend qu’il aime naturellement à fe tenir fur l’Ecorce des Rameaux de cet Arbriffeau, comme un Lieu propre à y faire fon Nid & à y con- ferver fes Oeufs, lesquels il pond, fans doute, avant l’Automne, après avoir fait avec l’ Aiguillon , qu’il a fous le Ventre, une Piquûre dans la Racine du Rameau, de laquelle vient la Galle , où il a depofé fes Oeufs. Ces Oeufs demeurent invifibles pendant tout l’ Hiver, à caufe de leur extrême petiteffe. Mais au Printems lors que 1’ Arbriffeau fe remplit de Sève , ils fe mettent en Mouvement , fe dilatent, groffiffent, & parviennent à leur Perfection.. J’ai fait dépeindre très exactement fur i’Eftampe la Crue de ces. Oeufs. . J’ai encore à remarquer, qu’ on trouve fur /’ Teufe encore une au- tre Efpèce de Kermès, qui eft un peu plus greffe, ovale & Couleur de Cendre. Quand on l’ ouvre elle a en dedans une Subftance blanche & des Fibres comme 1’ dmiante. Mais l’on ne peut faire Ufage de cette Graine ni dans la Medecine ni dans la Teinture, Elle ne produit pas non plus des infectes vivans ; ainfl que je l’ ai très bien obfervé. Jus- qu’ ici Mr. h Comte Aîarfilli Je pourrois m’arrêter à cet Extrait, puisque le refie qui concerne les Effais de Chimie, n’entre point dans mon Sujet. Cependant com- me- la, fameufe Confeïlion d' Alkermè s doit, fon Origine à. ces Infeétes, & qu’elr TABLE XXXVI. Des Vers du Kermès. 99 qu’elle fe prépare dans les Pharmacies; je m’en vai en joindre ici la Compofition, comme elle fe fait en Italie & comme Mr. le Comte la décrit : Folliculorum Serici, è quibus extraïïi non enati fini lombyces , minutim in ci forum fe. i. macerentur per boras XXI y. in aqua buglofae deftillate & iucci depurati pomorum Apïanorum îfc. i. S. pro fingulis , in quibus fint infufae & pa- rum etiam ferbuerint 5 IK. Gyanorum Kermes , nondum exanimatorum fed conta - forum; ferveant deinde omnia lento igné , neque prius extrahatur Sericumy quant probe fit intinïïum , exprime porro diligenter , mox infunde facchari albi. lî>. i. S. & 3 /y ad mellii confijlentiam decoque , amove ab igné atque adde timbra gry feae jïncerae minutim incifae 5 II. qua liquata injice bos pulveres videlicet : Ligni Aloes Cinnam. an 3 VI. Mochi orient, 9 j. Lapid, Lazuf pp. Margar. ori. an. 3 II. Fol, auri puris. 3 j. AI if ce & ut Artis eft f. Confectio. Nilfole nous en donne auffi plufieurs Particularités dans fa Differt : bot, de Origine & natura Kermes , & nous dit que la Récolté du Kermes com- mence en Mai, & que quand l’Année eft bonne, elle dure tout le Mois de Juin. L’ on peut encore voir là delfus O, Garidelli in Hift , nat Kermes. D. Emerici Obfervationes circa infectorum Grana Kermes & autres. Explication de la XXXVII. Eltanrpr* a) eft un Rameau d’ Ycufe portant du Kermès , où l’on voit b) les Grains ou Galles de Kermès, c) un Morceau du Rameau ou de hcorce, fur lequel un Nid d) de Kermès de Grolfeur naturelle, e) & f) le pré- fente grofli, g) un Grain de Kermes de Grolfeur naturelle, aïant à fou DefTous la Pellicule blanchâtre & criblée, par où il tenoit au Bois h) le même grolîi, i) montre ce Kermès fans cette Peau avec les Oeufs, qui font dedans de Grolfeur naturelle & k) grolfi, 1) eft un Grain de N i Ker- eoo: T ABLE XXX VIL. Un petit lnfe&e Aquatique; Kermès coupé en deux, lequel efl grofii, m) pour faire voir les Infe- £ïes dans leur Ordre. Dans n) & o) il. eft encore répréfenté par def- fous, pour montrer le Couvercle ou la Peinte des Oeufs, p) eft un Oeuf de cet Infefte, tel. qu’il fe préfente à la fimple Vue, lequel eft groffi. p,p) Dans q) & qq) c’eft le même, hors duquel. le Moucheron va fortir, r) & r.r) encore le même Oeuf, dont Y Infefte eft déjà à Moi- tié dehors, f) & ff) un fnfeéte entièrement éclos quittant fa Coque, t) & tt) un Moucheron aïant fait fon crû, confideré par le Dos & u) v) un autre confidéré par le Ventre. TABLE XXXVII: Un petit Infe&e Aquatique. Il y a quelques Semaines, qu’en éventrant une Carpe c-lrés -un de mes Amis, on y trouva ce petit Infeïïe aquatique, qui fe fit' d’abord re- marquer & fixa les Yeux par la Rapidité de fes Mouvemens St par l’Eclat de fa Couleur. On me Tenvoïa en Vie, pour que je le pûfle obferver avec mon Microscope; & je l’ai trouvé fi fingulier , que je ne balance pas un Moment d’ en regaler mes Lecfteurs. Le Mouvement de cet înfede étoit très leger , . vif & promt; Il fe tourna bien dans une Minute cent fois fur fon Centre ; puis il fit de plus longues Courfes, & comme je 1’ avois dans une Glace de Mon- tre, il en parcourut avec Curiofité tous les. Coins & les Bords avec une Agilité furprenante, nageant tantôt au Bord de l’Eau, tantôt au Milieu, tantôt enTravers, de forte que la Vue y pouvoit àpeine fuffire. Sa Couleur tiroit fur la Nacre de Perle» Il avoit aux deux Côtés , quatre Paires de Nageoires ou g Rames , pour ainfi dire, qui étoient garnies de petites Nageoires ou de Poils. L’ Infe&e remuoit ces 1 6. Rames au Nageoires avec tant de promtitude, qu’il lui étoit aufii facile de na- ggr en Cerile, qu’en long ou en large». Tout TABLE XXXVIII Une Ecaille de Perche. ioi Tour le Corps étoit transparent comme du Verre. On en voïoit l’Epine du Dos, & dans celle-ci quelques Taches rondes d’un brun- rougcâtrc , qui pourraient bien être les Inteftins. Le derrière du Corps e'toit fourchu, muni de deux Queues, fur chacune desquelles j’ apper- çus une Tache brune tirant fur le Verd laquelle avoit un Mouvement p£riftalttque. A’la I I ' \ V ■™a. J ’AIi. X XVII . tab . jcxviii, V q t‘cn oui II es CLr injtru.me.nh f^cu^ alfaclnzr / qreaeui L C . meJ en te.ee.’ "btJ ar&chbe w' natu.se /Pc. ya.nJeu*’ natu.scll Une.' /ff ehteâ nas’tîiS Jüe.' O-HJ tnlci'OJcO£»u~citJ LV 3. 0 es i(C ^enn a Hon ^cj ScU . u-nts Ljôti h (jr/V ^ ulilL w Salle.' 7>es ciler f ôte-^ts /a’ St/nenceS7> oc notXs 2.. tno c.IJ 0 lu »l c ut J~t) / ry? / o « / 1 \JtXj Jorlcj le’ Cornca O) 'amtven tjut Je.' frou tes falltJ^b-ts tner’^u} noa^e.'^ d J- Q$ej jilupte-j jia^iflenJ . enjar une. \ m ni en n m i n i Un ideht (rin O f ZjPOtl 4^ i 'fai. JJ . . h. JS. JA. JS. J6. J). j4. ' Jr Ze. II. Zî <1%, 2S. ?£ zi. z4. ?9* Alh // d acier , ‘3 tt~ en o Venerio (Jhouh *^il 3 l Ô tl â. )Tb L' i i en $»■ *} iicjc’ entier ^,r2> un /aa/ukon . 3 es la, m oujju-J^ v terris. Une; c^oufZs 3‘ urine?. ^-as fs B-tttÜon .■ Rnyu/tu^ tau Us vinxiyeJ' ehltano l ap co/Usha> ^dfiiuu Xt un c /j/ ç lis Of/~ y ie& ViauJ ~)iv&fj&a /Jarh'ej ^ u / Arum an cl tom u tu . L( Ok - Cl iUfJ ‘2* i i ûJ jO U C(U>. ~3 u’ jj a u /t le,- . 3 es ix (Hua tires 3ts i lit acinthu (leux?. u? J el a m m oui axs . So. 3 u,' Un Louait.* U^itaj clanyeLuh. y U cira tu ou? joo uo ~ùu feuillu. ttlJecfi ou ''puceron vert. L Z1 h n f$ ch t tn or cc au ^ iC ^ ejs . 3 X / as L oc fi eut fh 'es. Le cutle j ji oi Mono üs. te ai lits un yucjion. C c e aille.' D une1 fdn cheS . i'eo vers yt fi trouve vh~iï anJ la' âoiuinx' lacijut-s ijui h en h uS 'h a a rxm^aux^ et3eS leurs alla. 3/. Sa l ^ i h'e> a ni bras, 32, JJ>is CôcciiJ jfiol tntcut Oio a piaffes C a cjten i II es^ a il utl ei anc> 3 3 . /'•y»* ri j en te^ f$J- Unc ' [**& Chenille avais Ici ce cjui lle’^beJ l oeu ouJ ailes est Jùrtîe.'. if : 2. U es mi, 34. i ^ ^auJJtens Oe' le e Le? 4 j . b. les peintes ^ un es ea Û.f '■cliqua dJ*i C- l ai ^ 4 I . reJrcJe n tZf fij: 3. las tromjSV eu Jace er b lût aï A/j que^'un c? %jLi/le\ 'ifiyV. i aiguillon O*; lale.itle\ . h 2. Un. JctOt’f as Ca.rea.jje?^ UfteJ -nutlL ! 0^ /jo trier l V l 4 3 . rc/pr^y i n te* ^icÿ- 3 . j3 urbt euhs 3e’ Seiche? Vin 3c? icurao tj/ie Si^.J&rhUuL^/jl, 4.. 1 %)t fl "3 e <^fru/l (ùll teS. 44 45, kC. 47. t\4. -V y\ t 4) *> 3 0 ij C h ri j a / D ej Du la,' Lotftt.ni II*. . su mâche i ru en ^orm (j/l lu 1er . ■5 'r\ ofutntJ Je j aileu' D un fscijtillen £,kû.nacAuh; . h (/ v *• U nu U lu' riefantuDu Chaînai et no tu , 0 v V j) rc/ercj en tu V •( #x V 0 n J. Con/i aura H on Du' Ici /poh c firuh'Dcj JcicncUtuT 1 V K J 7, u nu /Pt ïtfas 4 OU tu J «, *■ d/l i j. - ' t- / 1